#2 - L'Open Source

Définitions

L’Open Source consiste à développer un logiciel, ou des composants logiciels, et de laisser en libre accès le code source produit. Ce code source peut alors être exploité par les développeurs souhaitant soit l’adapter à leurs besoins, soit affiner son intégration avec leur système d’information.

Dans le monde de l'Open Source ce sont les communautés d’utilisateurs et/ou de développeurs qui font évoluer le logiciel. Elles constituent le cœur du développement du code source et le moteur principal de l’Open Source.

Historique

Depuis des années, le mouvement du Libre est opposé de manière frontale au mouvement Open source. En 1998, cela a donné lieu à une scission et à la création de :

  • l'Open Source Initiative (OSI) d'un coté, propulsée par Eric Raymond, qui promeut l'Open source et a créé une « Open Source Definition » (OSD) décrivant les 10 conditions requises,
  • la Free Software Foundation (FSF) de l'autre, propulsée par Richard M. Stallman, qui promeut quant à elle, les logiciels libres, et propose également une définition au travers de 4 libertés essentielles.

Derrière ces deux initiatives, il y a surtout deux philosophies :

  • Richard Stallman, (FSF) met en avant les mérites plutôt éthiques et philosophiques des logiciels libres. Pour lui, le mouvement du logiciel libre fait campagne pour la liberté des utilisateurs de l'informatique ; c'est un mouvement qui lutte pour la liberté et la justice,
  • Eric Raymond juge cette logique moralisatrice et normative. Il préfère souligner, de manière plus pragmatique, la qualité des logiciels à code source ouvert d'un point de vue purement technique, utilitaire et économique. Il pense notamment que c'est beaucoup plus efficace pour convaincre le grand public ainsi que les entreprises.

Au final, on pourrait considérer que l'open source se distingue du logiciel libre (free software), car il est davantage tourné vers un objectif de développement collaboratif que vers la défense des libertés individuelles. En réalité, dans la pratique, cette nuance est rarement prise en compte.

Les licences

Les logiciels répondant aux 10 critères pour être Open source selon la définition de l’OSI accordent également les 4 libertés fondamentales définissant un logiciel libre selon la FSF, et réciproquement.

Par ailleurs, afin d'éviter les débats entre Free software et Open source software, on voit souvent utilisé les termes de :

  • FOSS (Free and Open source Software),
  • FLOSS (Free/Libre and Open source Software),
  • FLOS (Free/Libre and Open Source).

Chaque entité produit une liste des différentes licences

Qu'est ce que GPU GNL ?

La licence publique générale GNU, ou GNU General Public License est une licence qui fixe les conditions légales de distribution d'un logiciel libre du projet GNU (système d'exploitation créé en 1983). Richard Stallman **en est l'auteur. Sa dernière version est la « GNU GPL version 3 » publiée en 2007. Elle est la licence de logiciel libre la plus utilisée au monde.

Quel modèle économique ?

On observe la mise en place de différents modèles économiques adaptés aux besoins spécifiques des entreprises. Les modèles les plus connus sont le « support et services » et « l’open-core ».

Le premier s’appuie sur la fourniture de services pour les utilisateurs d’un produit open source : support, formation, conseil, travail de personnalisation… Par exemple, si une entreprise utilise un logiciel libre proposé par Red Hat, elle aura besoin d'un niveau de service professionnel et donc de prestations de maintenance, d'assurance, de certification, de suivi qualité, etc. C'est sur ce modèle, via des abonnements, que s'est construit Red Hat et c'est un modèle qui attire de plus en plus les grands groupes, notamment pour des raisons de trésorerie.

Dans le second modèle, le fournisseur de la solution open source offre une version améliorée comme un logiciel commercial propriétaire.

Qu'est ce que Github ?

GitHub est un service web d'hébergement et de gestion de développement de projets et de logiciels. Le site assure un contrôle d'accès et des fonctionnalités destinées à la collaboration comme le suivi des bugs, les demandes de fonctionnalités, la gestion de tâches et un wiki pour chaque projet. Le nom GitHub est composé du mot « git » faisant référence à un système de contrôle de version open-source et le mot « hub » faisant référence au réseau social bâti autour du système Git, mais aussi à une plate-forme de correspondance qui est appelée en anglais un « hub ».

Avec plus de 75 millions de dépôts de projets, c'est le plus grand hébergeur de code source au monde. Le 4 juin 2018, GitHub a annoncé son acquisition par Microsoft pour 7,5 milliards de dollars, un décision qui inquiète de nombreux développeurs.

Auparavant, c'était SourceForge qui dominait le classement en termes de popularité, mais GitHub l'a progressivement doublé. A noter que les deux services ont plusieurs différences notables.

Enjeux

Open innovation

Le domaine des transports a longtemps été cloisonné par une implication majeure des industriels dans tous les processus, d'autant plus concernant "le soft" (en opposition à la logique de l'infrastructure lourde, le hard). Par exemple, l'information voyageurs a longtemps été produite par des logiciels propriétaires, distribués par les principaux opérateurs de transports, incompatibles entre eux. Elle était ensuite distribuée dans les lieux de mobilité et les véhicules par d'autres systèmes propriétaires, lourds, onéreux. Le paiement, la validation et les systèmes de back-office obéissaient à la même logique.

Mais les choses changent. D'un coté, on observe une montée en puissance de nouveaux acteurs venus du web, plus légers, plus agiles, plus en attente de nouveautés, de processus inédits. En parallèle, on note une montée en puissance massive de la plateformisation dans le domaine des transports. Cette nouvelle donne est accompagnée d'un phénomène légitime et correspondant totalement à cette nouvelle génération : l'open innovation. Désormais, pour proposer des solutions plus rapidement aux usagers, aux citoyens, avancer dans un monde ouvert semble être primordial. Avec des données ouvertes d'un coté (on parle d'open data), et des logiciels open source. C'est un courant qui semble faire des émules dans le domaine de la mobilité, en prouvant chaque jour son efficacité.

Amélioration et mutualisation

L'objectif "d'aller plus vite" semble très net lorsque l'on observe les processus en cours. Aller plus vite pour créer des business autour de l'information voyageurs, de la distribution, de la validation des titres... les exemples ne manquent pas. Mais aller plus vite n'est pas une fin en soit.

Ce qui sous-tend cette dynamique, c'est aussi et surtout une volonté d'améliorer, d'augmenter les outils qui existent, par l'intervention de développeurs, sans aucune restriction. C'est la capacité de faire discuter ensemble des développeurs et des techniciens du monde du transport, des mondes qui jusqu'à présent se parlaient peu.

C'est aussi la possibilité de distribuer, de mutualiser des outils et donc de réaliser des économies. Les besoins en termes de "MaaS" (Mobility As A Service) sont, une fois les quelques particularités locales mises de coté, sensiblement les mêmes dans de très nombreuses villes dans le monde. Pouvoir utiliser des logiciels en open source, les documenter et les faire progresser avec les retours d'expériences de chacun devient quelque chose de puissant.

Créer un socle de logiciels open source pour les transports

La philosophie semble intéressante et pertinente, mais concrètement ? Tout reste à faire. Les communautés de développeurs ont déjà créé et amélioré de très nombreux logiciels. La preuve en est, avec par exemple la liste d'outils GTFS ouverts mise à disposition par la World Bank.

Désormais, il s'agit d'identifier de la manière la plus exhaustive possible les outils open source orientés transports, dans les domaines de :

  • la gestion de l'information voyageurs :
    • tracking et collecte,
    • création, édition, validation de GTFS,
    • calculateurs d'itinéraires,
  • la gestion / le dashboarding,
  • la planification des transports.

Porter à connaissance d'un plus grand nombre ces différents outils permettra d'en augmenter le nombre de contributeurs, l'utilisation finale, et donc la performance des systèmes de transports dans le monde entier.

Cas d'usage

Open Trip Planner

Open Trip Planner (OTP) est un logiciel libre (sous java) qui permet de produire en mode web des calculs d'itinéraires et d'en dériver des indicateurs d'accessibilité transport ou des isochrones (module Analyst).

Le projet a été initié par TriMet (AOT de Portland) en juillet 2009 réunissant les agences de transport en commun et les auteurs du principal logiciel d'information voyageurs open source : David Emory de FivePoints, Brian Ferris de OneBusAway et Brandon Martin-Anderson de Graphserver. De 2009 à 2012, le développement a été coordonné par OpenPlans, organisation new-yorkaise à but non lucratif. Le projet a ensuite évolué pour englober une communauté mondiale d'utilisateurs et de développeurs.

  • début 2013, il était devenu le logiciel de planification de voyage principal utilisé par TriMet pour Portland et soutenait plusieurs applications mobiles populaires et il était utilisé dans au moins dix pays à travers le monde. À ce stade, l’équipe logicielle de transport OpenPlans est devenue le cabinet de conseil indépendant Conveyal.
  • en 2014, il a été un élément central du projet MMRI du ministère néerlandais des Transports, qui encourageait les investissements dans des plates-formes et des services calcul d'itinéraires. Un consortium de cinq entreprises a travaillé ensemble pour améliorer ses performances dans les grands réseaux de transport régionaux et prendre en compte les modifications et retards de service en temps réel. À l’automne , Arlington, en Virginie, a lancé un nouveau site de planification de navette pour la région métropolitaine de Washington, DC, qui repose sur OpenTripPlanner pour évaluer les coûts et les avantages de diverses options de voyage
  • en 2015, le calculateur d'itinéraires de l'État de New York (511) a commencé à utiliser OTP pour les systèmes de transport en commun à travers l'État,

Après sept années de développement, la version 1.0 d'OTP a été publiée le 9 septembre 2016. Depuis, les autorités régionales des transports d’Helsinki, en Finlande (HSL) et d’Oslo, en Norvège (Ruter) ont commencé à utiliser un système d’information des passagers totalement open source basé sur OpenTripPlanner. Des instances OpenTripPlanner à l'échelle nationale sont également maintenues en Finlande et en Norvège.

Digital Transport 4 Africa

Dans le cadre de Digital Transport 4 Africa, l'objectif de l'AFD, du WRI et de la Fabrique des Mobilités est de faire la promotion de stratégies de transports qui s'inscrivent dans l'open innovation. Ainsi, au delà de pousser à l'ouverture des données transports (GTFS, sous licence ODbL), l'objectif est d'identifier, recenser, lister, documenter un ensemble d'outils en open source. Cela tant pour les outils existants que pour les briques manquantes. La finalité est de rendre disponible pour tout un chacun une batterie d'outils permettant de créer des données transports (GTFS), d'analyser, de planifier et d'évaluer les politiques de mobilité.

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